Frost/Nixon, Good Night, And Good Luck... Le film politique a toujours affirmer sa place dans le cinéma américaine, en devenant presque un genre à part entière. La maîtrise dont HBO a fait preuve en s'aventurant sur ce terrain avec ce (télé)film, montre bien les influences du 7ème art qui se reflètent sur leurs production, ainsi que sa détermination de livrer des vraies expériences cinématographiques sur le câble. HBO ne s'arrête plus de séduire spectateurs et professionnels, ce qui lui permet de toujours élaborer des programmes de qualité. Sur la plupart de ces projets, la chaîne réunis de grands noms des deux côtés de la caméra. En plus de Jay Roach à la réalisation, on retrouve Julianne Moore, Ed Harris, Woody Harrelson et Sarah Paulson.
Mais passons à la construction de Game Change. Lucide et clairvoyante, elle aborde un cap qui joue sur le double aspect de la politique, sur le devant de la scène et derrière les rideaux. Sarah Palin est membre du parti républicain, elle a été la première femme et la plus jeune personne à être élue gouverneur de l'Alaska, elle a également été la colistière de John McCain en 2008 et qui, à sa manière était une figure féministe. Ça c'est ce que tout le monde sait. mais ce que le film va creuser c'est les coulisses de cette campagne, dans laquelle Palin n'est qu'une marionnette dans la course aux électeurs, rien de plus que l'objet d'une stratégie de campagne, se servant de son image afin de rallier une parut de l'électorat féminin et conservateur. Hautement critiquée pour son parcours politique, on découvre la vraie Sarah Palin, pas celle qu'elle incarne au devant de la scène politique. On y découvre une femme naïve mais battante.Game Change c'est le combat d'une personne qui cherche à s'imposer dans un milieu de requins. Qu'est ce qui est vraiment critiquable chez Palin? Son clan. Très tôt on sent que le regard du cinéaste cherche à montrer que cette stratégie est vouée à l'échec... Placé une co-listière qui ignore pratiquement tout de la géo-politique, se contenter de lui faire apprendre par coeur ses discours, au lieu de lui enseigner la rhétorique. Tous les défauts de Palin et du partis républicain sont mis en lumière, à juste titre, comme pour dévoiler l'essence de la défaite du partis, qui s'amorce de plus en plus à l'approche de la date de l'élection. Comme on peut le ressentir dans cette scène où la conseillère Wallace avoue aux conseiller stratégique qu'elle n'a pas pu aller voté, tout se solde par un déclin. Une stratégie de campagne (presque aveugle) qui se voue au naufrage.
Là où le scénario fait fort, c'est dans son initiative de dresser le profil du gouverneur à travers l'actualité américaine. Ce que le film rappelle aussi c'est que Palin est également une mère de famille (lambda), dont un fils partis faire la guerre en Irak, elle a également été attaquée par les médias sur l'handicap de son dernier enfant. Des coups bas et des angoisses personnels et familiales que la co-listière de McCain encaisse pour persister dans la campagne. Omniprésents dans les débats au moment de la course à la présidence de 2008, le film mentionne les véritables enjeux que soulèvent les principales questions quant à la politique guerrière et sociale des États-Unis...
Sarah Palin, c'est surtout Julianne Moore remarquable, qui en à peine une (re)touche capillaire et de fard à paupière, se glisse parfaitement dans la peau de la candidate à la vice-présidente. Il en va de même pour Ed Harris qui, par une pose de prothèses au niveau du visage, incarne un sénateur McCain flasque, plus vrai que nature. Un travail de maquilleur aussi bref que virtuose qui s'associe avec le jeux des acteurs pour rendre ces dernier méconnaissables.
Des acteurs qui sont bien plus que convaincants dans leur rôles respectifs et la relation qui entreprennent. Woody Harrelson était tout trouvé pour joué le stratège Schmidt, en manipulateur à multi-facettes. Des relations entre les protagonistes complexes entre stratagèmes et jeux de masques, à travers scène politique et campagne en coulisses, que l'ensembles des acteurs servent avec beaucoup de brio.

Game Change est à la fois un parcours de campagne et la lutte d'une femme étrangère à la course des marches du pouvoirs. Un film très complet sur cette figure politique combative et crédule, superbement rendue par l'interprétation accrocheuse et passionnée de son actrice principale.
Note: 4/5


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