Retour sur ce film et la carrière de son réalisateur plus que prometteuse.
Pour mieux définir le cinéma de Cavayé, on pourrait comparer son travail de façon un peu grotesque à ce que Gareth Evans a accompli sur The Raid: Un scénario minime, mais inexistant, qui prime des séquences d'action spectaculaires. Un futur pionnier qui redynamite les codes du films d'action. Rien de comparable à ce que peux faire la "team-Luc Besson" (Pierre Morel, Olivier Mégaton... auteur des films passables comme Taken, Colombiana, From Paris With Love ou Le Transporteur) mais qui se rapprocherait peut-être plus de la vision de Florent Emilio Siri (Nid de Guêpes, Otages, L'Ennemi Intime). Une écriture soft pour un scénario qui sert simplement à planter le décors et le contexte, ainsi qu'à situer les personnages.Fred Cavayé, c'est un sens des scènes chocs, de bastons, de gunfights et de courses qui allient nervosité et frénésie à une forte cadence, un peu à la manière de Greengrass et de Michael Mann. Toutefois, Cavayé a clairement prouvé qu'il s'était émancipé de n'importe quelle influence de la part de cinéaste confirmé. À la réalisation de longs-métrages d'en moyenne 1h30, qui passe en un éclair. le réalisateur dépasse les attentes des amateurs du genre et remue le spectateur dans son siège.
À travers Pour Elle, À Bout Portant et Mea Culpa, on retrouve un cocktail d'éléments cher au cinéaste. Chacun de ses films se ressemblent sur le fond pas sur la forme. On y voit un homme poussé par l'ambition de protéger ou sauver ses proches qui se retrouvent dans des évènements qu'il le dépasse. Une recette qui porte ses fruits en hexagone et de l'autre côté de l'Atlantique. Pour Elle a déjà été l'objet d'un remake US avec RusselL Crowe, Les Trois Prochains Jours. À part ça, Fred Cavayé semble résiste aux sirènes d'Hollywood. Il avait été approché pour la réalisation de Die Hard: Belle Journée Pour Mourir. Mais le réal' préfère se focaliser sur ses propres projets, prendre part à l'écriture en amont du tournage.
Pour son dernier film, il réunit les deux têtes d'affiches de ses précédents longs-métrages. Vincent Lindon et Gilles Lellouche se donnent la réplique dans ce polar plutôt musclé. Malgré un pitch pas tellement inédit (deux flics au passé trouble reforment leur "duo" le jour où le fils de l'un deux est pris pour cible par un cercle de mafia russe, et entrêprennent alors la voie de la rédemption) Mea Culpa possède les qualités du cinéma de Cavayé. Cependant, on peut souligner que, comme à son habitude, la faible ampleur du scénario lui porte un peu trop préjudice cette fois-ci. Presque trop académique pour être personnel et original, Mea Culpa risque de perdre son spectateur vers les dernières minutes, dans le déroulement de son "twist". À part ça, c'est plutôt une valeur sûre du divertissement d'action. Tout est sombre et tient en haleine. Cavayé s'est associé au compositeur Cliff Martinez. Cette collaboration offre des séquences visuelles et sonores très accrocheuses. Ça court, Ça flingue, Ça se tabasse mais c'est assez réaliste et efficace dans sa mise en scène, il n'y a aucune trace d'exagération émotionnelle. Vincent Lindon apporte énormément de profondeur à l'histoire, en plus à son personnage. L'acteur est à lui tout seul un point fort de la troisième réalisation de Cavayé.
Pour la suite, on aimerait quand même que Fred Cavayé nous habitue à des scripts plus développés, pour assister à un changement directif dans sa carrière.
Note: 3,5/5



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire