jeudi 13 février 2014

M. Peabody et Sherman: Les Voyages dans le Temps ->"Time Invaders"

Première création de la branche animation des studios DreamWorks de l'année. En attendant Dragons 2, dont la sortie est prévue pour  2 juillet, et Home (romance présumée entre une adolescente humaine et un jeune extra-terrestre, en fuite aux 4 coins du monde), attendu pour le 10 décembre, les créateurs du carton Les Croods restaurent deux personnages d'une série animée américaine des années 60, inédites en France. À l'origine Mr Peabody et Sherman était des personnages du feuilleton Peabody's Improbable History diffusé à l'heure du The Rocky and Bullwinkle Show, un programme animé qui a regroupé, pendant 15 ans, les kids de l'âge des sixties devant leur poste de télévision. Vous avez surement déjà entendu parler de The Adventures of Rocky and Bullwinkle, TV-show phare de ce programme de ABC et NBC. Ces deux personnages avait déjà été adapté au cinéma en 2000, et constituait la plus belle casserole de la carrière de DeNiro (présent au casting). Bien loin d'être aussi catastrophique, le passage sur grand écran du chien savant Peabody et de Sherman s'en tire plutôt bien malgré quelques dérapages. Passé par un petit lifting à la 3D pour l'occasion, les deux personnages ont subi quelques changements qui diffèrent (pas forcément pour le mieux) avec l'esprit de la série originale. Aux manoeuvres de celons-métrage, on retrouve le réalisateur Rob Minkoff, qui avait fait des merveilles à l'époque du Roi Lion. Après un passage à la réalisation en live performances pendant près de 20 ans, Minkoff revient à l'animation pour le compte de DreamWorks.

Rien de bien novateur nous attends avec ce film. Cette adaptation risque même de perdre les spectateurs nostalgiques du show des années 60 qui possèdait son humour un peu mordant, transformé, 50 après, en recette mainstream, calculée pour la rentabilité aux box-office. Bien que le fameux "WAYBACK" (rebaptisé "Chronomat", en français)et les voyages dans le temps pour découvrir la vérité derrière les évènements historiques soit toujours d'actualité, la version cinéma a opéré certains changements un peu trop radicaux. À la base, Sherman est "l'humain de compagnie" de Peabody, que le chien reçoit en guise de cadeaux d'anniversaire... Évidemment, c'est l'attrait principal de la force caustique du comique de la série animée de départ. Ici, cet aspect de la version originale est changé en histoire d'adoption et de paternité... ce qui donne un résultat assez ringard. De plus, le scénario n'a pas lésiné sur le pathos: Sherman est un gosse abandonné dans un carton que Mr Peabody recueille auprès de lui. À ce stade de la projection, M. Peabody et Sherman ont déjà larguer une bonne partie de leur spectateurs. Première erreur de cette adaptation, cette amorce narrative que l'on qualifierait de presque anecdotique, au vue de son faible impact sur le déroulement du film. On peut s'estimer heureux que cette partie n'accapare pas trop le récit, mais alors, quel était l'intérêt d'amener un cliché pareil ici? Un choix de la production, visiblement, qui ne s'avère pas vraiment gagnant. Voici comment une simple blague ironique devient, en un demi-siècle plus tard, un prétexte à faire pleurer dans les chaumières. Ce voyage à travers l'histoire a son charme, mais le script a trop tendance a plombé le film, à trop souvent revenir sur ce mélo (niais) que prétend soulever les scénariste, autour de la relation "père-fils" entre les deux protagonistes. Ça devient vite lassant et rasoir (malgré le genre) sur la longueur, et pourtant, ça tient en deux ligne: ->
"Difficile pour un chien d'élever un humain" ... Sans déc'? Même si ça se veut innocent, c'est beaucoup trop impersonnel dans la forme pour être digne d'intérêt. 
Heureusement, le film à ce côté exploration des grands moments de l'Histoire, dont certains clins d'oeil sont assez savoureux. S'ajoutent à ça, plusieurs blagues visuelles bien senties, qui font sourire... la plupart du temps. Il faut reconnaître que, dans l'ensemble, un gags sur deux fait un peu un flop. Mais le décalage entre les différentes époques opère son piquant. Le film a moins la qualité d'être beau esthétiquement, et par ses espaces et décors avant tout. La 3D ne s'avère pas désagréable ou inutile. Au contraire, bien que loin d'être totalement immersif, les trouvailles sont plutôt efficaces. Toutefois, les séquences pour jongler entre les époques sont un peu faibles scénaristiquement. Il en va de même pour les rebondissements attendus, qui se dévoilent de façon linéaires. Entre aventure et initiation, l'écriture n'est pas toujours très palpitante. Parfois l'impression d'être plus près d'un jeux vidéo interactif sur CD-Rom que d'un film se fait sentir, à cause d'un arrière sentiment de monotonie. Mais rien de désagréable ne nous ferait vraiment regretter de passer ces 92 minutes en compagnie de ces deux héros. Et le détraquement de la continuité de l'espace
temporelle que tout le monde attend, vaut largement le coup d'oeil.

Quelques faiblesses mais un bon divertissement à la clef, à apprécier à sa juste valeur. La vraie tristesse est peut-être l'absence de Robert Downey Jr, un temps pressenti pour la voix de Peabody. Au final, l'acteur est quand même producteur du film, par l'intermédiaire de la boite de prod' de sa femme.  

Note: 3/5  

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