jeudi 30 janvier 2014

Dallas Buyers Club, ->"Care Me If You Can"

Taillé pour les Oscars, ce film surprend plus par sa deuxième partie. Connu pour C.R.A.Z.Y, film culte dans son Québec natal et après le mitigé Café de Flore, Jean-Marc Vallée adapte ici l'histoire vraie de Ron Woodrof, interprété par Matthew McConaughey. En 1985, un cowboy découvre qu'il est atteins du VIH. Face à l'impuissance des remèdes de l'état du Texas, Il a recourt à des remèdes non officiels par le corps médical américain. Devant l'efficacité de son traitement, il commence alors à regrouper d'autres malades et fonde le Dallas Buyers Club. Commence alors un combat entre Ron, les autorités fédérales et les laboratoires. Une histoire un peu acadabrante mais pourtant véridique. Une énième adaptation d'un récit façon "seul contre tous", certes, mais dont laquelle on doit avouer de toujours apprécié le contenu et l'obstination de ces héros du quotidien. Porté par l'engouement de ses comédiens, Dallas Buyers Club semble, toutefois, souffrir un peu du regard presque trop classique du mélodrame que le cinéaste a choisi d'apporter à son film.

Dans un premier temps, Dallas Buyers Club vaut le coup d'être vu pour ses moments brûlots sur l'industrie pharmaceutique. L'histoire de Ron Woodrof commence à l'aube de la seconde moitié des années 80. À cette époque, le sida est à peine découvert et la composition du virus échappe encore aux recherches médicales. Le film révèlera progressivement la "magouille" des institutions médicales: Les premières victimes du virus sont pratiquement utilisés en tant que cobaye pour des expérimentations vaines et dangereuses. C'est contre ça que va se monter le personnage de McConaughey, affaibli, maigre et blafard, mais avec cette flamme de ce dire que même malade on est pas mort. C'est un moment-clef du film qui entre alors dans sa meilleure partie.
Jusque dans sa première moitié, le film est globalement passable. On y voit un déroulement de scènes un peu creuses avec un montage un peu poussif (une succession de séquences de moins de 2 minutes qui se succèdent en un éclair) sensées introduire sur la personnalité, pour le moment homophobe, borné et misogyne de on. Après cette demi-heure plutôt plate, le film se centre enfin sur le combat d'un homme contre un empire pharmaceutique. Car l'amélioration des soins apportés par Ron va gêné les institution médicales qui vont ne pas cesser de lui mettre des bâtons dans les roues. Sa quête va prendre des tournures disproportionnées: partir à l'étranger pour dégoter les avancées médicales des autres continents, se déguiser (un peu à la manière d'un Frank Abagnale Jr.) pour échapper aux contrôles de douanes. Ce qui va démarrer comme un business va devenir une aventure humaine sous le signe de la compassion, animée par cette révolte de ne plus vouloir être usé comme de la chair à pâté par les hôpitaux.

Car Dallas Buyers Club c'est aussi l'histoire de ce Ron Woodrof, incrné par McConaughey en état de grâce, une fois la première demi-heure barbante du film passée. Il anime de toute ses forces restantes ce cowboy misogyne, homophobe qui va s'épanouir face à une mort imminente, s'émanciper des préjugés de son costume de cowboy et d'ouvrier pour s'imprégner de la tolérance et la bienveillance. C'est pas toujours très subtil mais ça fonctionne. Une évolution de personnage qui prime sur l'académisme rébarbatif du scénario de certaines scènes. Cependant la mise en scène reste édulcorée. 
Alors, pourquoi voir Dallas Buyers Club? Pour ce combat ardent livré face aux autorités. Pour McConaughey et Jared Leto qui électrisent cette lutte jusqu'aux bout de leur forces.

Ce shéma d'une double histoire en une profite énormément au dernier film de Vallée. Mais force est de constater qu'au final ce sont les prestations des acteurs qui marquent le plus. C'est donc en toute logique que seuls eux deux ont été retenu aux nominations pour les Oscars.

Note: 3,5/5 

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