mercredi 22 janvier 2014

The Spectacular Now ->"Made In Sundance"

L'une des perles de la 29ème édition du festival de Robert Redford. The Spectacular Now a tout du film-archétypal du cinéma indépendant américain et propose, pourtant; une histoire original. On ne compte plus les long-métrages qui mettent en scène un héros adolescent, en apparence lambda (uniquement en apparence), confronté à un passage de leur vie extraordinaire. James Ponsoldt réussi, ici un tour de force en racontant l'histoire (écrite par les scénaristes de 500 Jours Ensemble) d'un lycéen, à l'aube de son diplôme et alcoolique. Porté par deux super bons jeunes acteurs, The Spectacular Now ne laissera personne indifférents.

C'est l'histoire de Sutter, jeune lycéen, marrant, amical, qui se soucie de ses proches, sociable et très apprécié en retour, qui pourtant enfoui un lui une vrai tristesse sur l'existence qu'il mène. Il n'a pas le coeur à partir en fac, se pose des questions quant à l'absence de son père, dont le sujet établi tabou par sa mère l'amène forcément à de mauvais rapports avec. Sutter ressent aussi le sentiment de ne pas être véritablement aimé. Bref, tout ses malaises l'amène à se conduire de façon à se sentir le mieux: Aucune projection pour le future, il vit uniquement pour l'instant présent -> "The Spectacular Now". À sa manière, Sutter est un battant car, malgré ses tourments, il n'est pas du genre à se recroqueviller en position foetale et s'apitoyer sur son sort. Non, il choisit de vivre au jour le
jour, tout en déconnant le plus possible pour faire abstraction de ses problèmes et enjeux que son existence lui amène. 
Mais forcément ce mode de vie passe pour un manque de rigueur, Sutter fini par se faire larguer par sa copine avec qu'il ne parvient pas à s'engager complètement. Une rupture qui renforce son sentiment d'être rejeté, dans laquelle il y voit une déloyauté envers l'amour qu'il portait à sa copine, et qui le plonge dans une soirée bien arrosée "afin d'oublier".
Le lendemain, il est réveillé, dans un jardin (pas le sien), par une camarade de lycée, Aimee, qui mène une vie très timide. Sur le papier, tout les opposent. Lui, toujours à se projeter sous les projecteurs. Elle, discrète et presque solitaire. Pourtant, Sutter cherche à l'aider en sympathisant avec elle et en lui faisant connaître le monde extérieur. Ils vont apprendre à se connaître et s'attacher l'un à l'autre. Rapidement une idylle se forme. Il va l'initier à son passe-temps favori, boire et faire la fête. Mais l'amour qui lui porte, va l'amener à le confronter à ce qu'il cherche à éviter, le pourquoi de son choix de vie.

Comment se projeter dans l'avenir si on a aucune trace de son passé? Grandir avec l'absence d'un père, c'est ça la source des maux moraux de Sutter. En partageant la vie de Sutter, Aime va être amener à l'accompagner lors d'une rencontre avec son père, après qu'il est repris contact avec ce dernier. Un rendez-vous qui le confronte à une dure réalité, Sutter découvre la nature de son père et se voit, à présent comme la progéniture d'une personne immature et irresponsable. Frustré, il va prendre tout ça contre lui. Par crainte de faire subir ce qu'il a ressenti constamment à quelqu'un d'autre, il se braque, et se blesse, se voit comme non méritant de la gentillesse d'Aimee, la poussant à rompre avec lui, qui ne comprend pas la raison, de par sa personnalité d'une extrême tendresse.
La dernière demi-heure du film, très poignante, se focalisent sur le travail de Sutter à évoluer, à évoquer ses plaies et à s'ouvrir à ce que ses proches pensaient tout haut mais évoquent pour la première fois.

D'une grande puissance émotionnelle, The Spectacular Now impressions aussi par l'ensemble de son casting. D'une part, par ses grands acteurs qui prennent le temps de revenir au cinéma indé. Ma plus grande surprise a été la scène où Sutter attend sur le seuil de l'appart' de son père. La porte s'ouvre et... Kyle Chandler apparait, ici transformé depuis ses derniers rôles de magistrat (Zero Dark Thirty, Argo, Broken City, Le Loup De Wall Street), les cheveux en bataille, la barbe de trois jours et la clope aux lèvres. Il ne lui aura fallut que 72 heures de présence sur le plateau pour réussir une parfaite composition d'un des rôles-phares du film. D'autre part, c'est aussi la consécration des deux acteurs principaux en tant qu'espoirs de futures grandes stars. Celle de Shailene Woodley, même si elle s'apprête à passer du statut d'actrice indée à celle de bankable, avec les blockbusters Divergente  et éventuellement The Amazing Spider-Man 3. Mais aussi celle de Miles Teller, qui s'annonce comme un des comédiens les plus prometteurs de sa génération, au même titre que Michael B. Jordan et Dans DeHaan.
Une alchimie qui fonctionne entre deux acteurs (tous deux primé par le festival) aux prestations sensibles et intelligentes pour une comédie dramatique aux facteurs revigorants.

Note: 4/5

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