Un drame criminel brut et froid, à l'image des beignes bestiales des combats de ce film, porté par une réalisation fraîche et d'immenses acteurs, Christian Bale en tête... Deuxième film du réalisateur Scott Cooper. Après Crazy Heart, dont le cinéaste n'a gardé que les chemises à carreaux et les gueules mal rasés de ses personnages. On va pas se leurrer, Les Brasiers De La Colère est une réussite. Les thèmes abordés à l'écran fonctionnent très bien, dans une contextualisation parfaitement maitrisée, Le scénario mêle une histoire de vengeance, d'amour fraternel et de quête de rédemption sur fond de misère social. Un dénouement grisant, déjà abordé au cinéma, mais dont on se lassera jamais tant que ce sera abordé avec brio.
Malgré une scène d'ouverture dans un cinéma drive-in (sensée introduire sur la barbarie du bad-guy) que je trouve un peu poussive. On s'immerge rapidement dans la peau du personnage principal et de son entourage, sorte d'écorchés de la vie, vivant dans un patelin rural et ouvrier. À travers leurs malaises, leurs défauts (tendance à la bouteille du personnage de Russell, joué par Bale. agressivité de son frère, interprété par Casey Affleck) se reflètent leur condition de vie pénible et usante à l'image rouillée de leur ville. Bref, une fraternité condamné d'avance par son milieu. Russell endure de longues heures de boulot dans une aciérie pour subvenir aux besoins de son couple. Un calvaire qu'il accomplit dans la noblesse. Et il y a son frère, un ex-soldat, revenu d'Irak qui aspire à une vie meilleur, ou échapper à la dèche héritée de ses parents et à la dure labeur ouvrière qui use et a usé ses proches. Brisé mentalement par ses démons de guerre, il pense trouver la paix dans la peine masochiste qu'il s'inflige: Des combats de rues. Le jeu mordant d'Affleck fait clairement ressortir son caractère éphémère. Toujours dans la poursuite d'échappatoire à sa mouise, il s'engage de plus en plus dans des combats douteux, orchestrés par le caïd local plutôt sociopathe, qui vont l'amener à sa perte. Pour son frère, commence alors une vengeance, à hauts risques fatals, par amour fraternel.
La dimension dramatique du film doit beaucoup un autre personnage, plus extérieur... La fournaise dont il est question dans lé titre original, filmée comme un protagoniste à part entière. Il s'agit du patelin où se passe l'action qui ressort comme un brasier par ses aspect d'usines métallurgiques usées, rouillées mais carburant à pleins feux. Caractérisé comme tel également par les personnalités à sang-chaud ambiantes qui peuple les rues. Perçue comme une étuve dans laquelle on reste piégé, piégé par la misère, piégé par les criminels qui échappent aux forces de police entravées par leurs juridictions archaïque, poussant le héros du film à se faire justice soi-même. En réalité, "Hors de la Fournaise" pouvait signifier à un au-delà, à une liberté pour les personnages mais il peut aussi renvoyer à la zone de non-droit que dirige le caïd -magistralement incarné par Woody Harrelson qui prouve, encore ici, qu'il peut incarner à la perfection les rôles de sociopathe de toutes gammes. Bref, une heure et demie (haletante) dans cette colère ardente qui débouche sur le passage à l'acte du personnage de Bale, en quête de justice. Un moment somptueusement et sordidement sauvage, avec Christian Bale, cheveux au vent, fusil de chasse au point, traquant sa cible, dans la ferraille et les champs.



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