samedi 18 janvier 2014

Mob City, saison 1 ->"L.A Noire Stories"

Frank Darabont, réalisateur de certains films à succès (Les Évadés, La Ligne Verte), s'était essayé en tant que showrunner avec l'adaptation télévisée de The Walking Dead, en 2010. Mais son travail sur la série ne dépassera pas la saison. Pendant le tournage de la deuxième saison, la chaîne AMC (productrice de la série) annonce la démission de Darabont, alors qu'il était le pilier central de la saison 1 (auteur, créateur, scénariste et réalisateur). Plusieurs motifs farfelues ont été communiqués. Mais la plus crédible reste celle des désaccords budgétaires entre Darabont et les producteurs de la chaîne, qui ont contribué au renvoi du réalisateurs.

Trois ans plus tard, Darabont revient avec Mob City, sur TNT. Adapté du roman de John Butin: The Struggle for the Soul of America's Most Seductive City, Mob City raconte la traque de la pègre de la côte-ouest américaine, dirigée par Mickey Cohen. Par son contexte, la série s'offre un cadre des plus fascinants de l'histoire du cinéma, avant celle des séries télévisées: le Los Angeles de l'après-Seconde Guerre Mondiale...
J'étais très impatient que cette série parviennent en France, car je suis un grand fan des récits (fictif ou documentaire? Peu importe, la frontière entre les deux est, ici, toujours bien mince) de cette période. Pour moi c'est une époque-clef de l'Histoire des États-Unis Mais également de l'Histoire du Cinéma. Cela correspond à l'Âge d'or hollywoodien et les premières difficultés du milieu. Une époque où la Mafia s'empare des studios et de la production cinématographique, ou comment une figure emblématique du septième art (le polar, les gangsters, le rapport à l'argent, Hollywood...) est omniprésent à la genèse de la création artistique. Une période ou fiction, rêves et réalité s'entremêlent incroyablement.
Toutefois, Mob City m'a un peu déçu...

La première faiblesse de Mob City est son format: Six épisodes de trois-quarts d'heure, soit que la moitié d'une commande habituelle pour un drama. Ce format pose problème au scénario car il est difficile de développer une intrigue complète segmentée sur 4 heures et demie d'épisode. Par conséquent, suivre la série ne se révèle pas très palpitant. Bien sûr, apporter la masse de cliffhangers n'aurait pas été la meilleur solution. Cependant, la faible présence de rebondissements accentue le grave manque de nervosité aux multiples enquêtes de Mob City.
Difficile d'être addictif à la nouvelle création de Darabont avec ce récit qui ne tient pas vraiment en haleine. De plus, la maîtrise des évènements paraît un peu confuse. Je m'explique, la capture de Cohen, Bugsy Siegel et de leurs sbires semble trop souvent être relayées au second plan. En effet, le scénario prime la romance contrariée entre le héros principal, un flic de la LAPD (incarné par Jon Bernthal, débarquant aussi de The Walking Dead) et le lead féminin de la série (jouée par Alexa Davalos) qui a un pied dans la pègre.
Alors, évidemment la série va regorger des figures archétypales du genre, comme les personnalités à multiples facettes,l'ombre de la guerre, les amitiés ambiguës entre flic et gangster, un amour passionnel entre les deux clans, les fusillades à la sulfateuse, les démons de la flicaille -attractivité pour la bouteille, complexe face à l'échec, et encore tout le tintouin avec une voix-off au ton las...
Mais ce n'est pas ça le problème, j'espérait d'ailleurs retrouvées ces éléments si le créateur abordait le genre. Voilà pourquoi je parle d'archétypes et non-pas de clichés. Mais la romance dans Mob City bouffe un peu trop l'écran. De plus, elle est tellement mal amené que les téléspectateurs ont déjà tracé l'intégralité de la saison dans leur têtes à la fin du pilote qui est censé finir en suspens.
Beaucoup de thématiques ont voulues être abordées mais n'ont pas été traitées de manière équivalente. À l'image des flash-backs sensés approfondir l'ascension, le passé de certains personnages au sein de la police ou de la mafia, afin d'enrichir l'ampleur du dénouement, et qui finissent presque par paraître atone à cause de leur élaboration furtive.
Bref, les créateurs semble avoir choisi de privilégié une esthétique gore aux gunfights, plutôt qu'une écriture solide à l'ensemble de la série.

En attendant, il faut quand même souligner les attraits de Mob City. Car, elle joui d'un superbe travail de reconstitution au niveau des décors, accessoires et costumes. Elle bénéficie aussi d'un casting au très bon potentiel qui promet le spectacle: En plus des rôles principaux, il est bon de retrouver le charismatique Neal McDonough en chef de police. Milo Ventimiglia brille également dans son rôle et Edward Burns fait un très bon bad-guy, sans trop forcé sur l'hommage à DeNiro.
Après un démarrage un peu moyen, souhaitons un meilleure élan aux créateurs pour une nouvelle saison s'ils obtiennent le feu vert de la chaîne TNT. 


Note: 3/5

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