jeudi 30 janvier 2014

The Ryan Initiative, ->"Tapis Dans l'Ombre"

Cinquième volet des aventures de Jack Ryan, ex-analyste de la C.I.A devenu agent opérationnel, au cinéma. Né de la plume de Tom Clancy, le personnage a connu cinq incarnations sur grand écran, et pour la première fois le scénario ne se base sur aucun roman de la série du regretté écrivain. En prédécesseur de Chris Pine on retrouve Alec Baldwin (À la Poursuite d'Octobre Rouge), Harrison Ford (Jeux de Guerre, Danger Immédiat) et Ben Affleck (La Somme de Toutes les Peurs). À sa manière, le personnage de Jack Ryan est peut-être en train de s'imposer dans la culture à la façon d'un James Bond américain. The Ryan Initiative s'impose comme le premier opus d'un reboot de la saga. Plus complexe et adulte que la moyenne des thrillers à action-hero, ce film annonce des débuts prometteurs pour un nouveau départ de Jack Ryan, malgré, toutefois, quelques facilités dans le scénario.

L'intelligence de la franchise 'Jack Ryan' réside dans une intelligence des enjeux de l'action; on peut parler d'une certaine maturité: Pas de bad-guy prêt à faire sauter la planète sans motif cohérents... Les adversaires de Ryan sont pratiquement des terroristes, des dangers à une échelle géopolitique. Ancrée dans une réalité convaincante, The Ryan Initiative peut se permettre des séquences bastons, plutôt traditionnelles des films d'action. Grâce à son contexte, ce nouvel opus réussit là où la plupart des film d'action échoue: Donner un sens crédible à ses
scènes musclées. Ça n'as pas la même nervosité que chez Greengrass, mais ça reste plausible. Ryan c'est aussi  un héros patriotique (mais pas de façon péjorative comme on peut le sous-entendre), tout est là pour bien définir les motivations et la profondeur des personnages, même du côté des "bad-guys". La maturité de l'univers de Jack Ryan tient aussi dans les caractéristiques humaines de son héros, qui permettent une proximité entre le personnage fictif et le spectateur. Jack est autre chose qu'un condensé de muscles. C'est avant tout un analyste avec un passé d'ex-marine. Avant de flanquer des tatanes, il possède d'abord une capacité de réflexion presque hors norme.
Original et pertinent donc captivante, l'histoire de Jack Ryan se déroule sur fond de stratagème financier et de terrorisme capitaliste. Comme dans les romans de Clancy, l'ombre de la Guerre Froide plane sur ce techno-triller. L'action se passe à Moscou où un as de la finance menace de plonger les États-Unis de retomber dans une seconde Dépression

Mais The Ryan Initiative souffre quand même de certaines scène que l'on pourrait décrire comme des archétypes visant à amener le plus de spectateurs (masculins) en salle. Évidemment le personnage de la petite amie va devenir une faiblesse pour Ryan. Mais lorsque l'intrigue initial est relayé au second le plan de l'histoire au profit des scènes (très pénibles) où le personnage principal vole au secours de sa copine, kidnappée par les méchants russes, le film s'essouffle et se retrouve à deux doigts de perdre son âme. La faute vraiment à ces stéréotypes du divertissement hollywoodien dépassés: des ennemis russes qui passe dans la caricature, et le lead féminin ébahi par la témérité du héros principal. En bref, ce que Kenneth Branagh (réalisateur et acteur du financier "bad-guy" russe) avait réussi dans la première moitié de son film, fini complètement par passer à la trappe... Remarque pour une fois, Branagh n'as pas cherché n'a pas cherché à insérer, une nouvelle fois, un vent shakespearien dans son thriller d'espionnage. Ouf! Mais l'équation de retrouver les formes classiques du film d'espionnage ne consiste en rien à user des formules de ce pseudo- suspense sentimentaliste archaïque et blafarde. De plus, il faut reconnaître que ce Ryan n'est pas vraiment la recrue fantôme que sous-entend le titre.

Malgré ses défauts, The Ryan Initiative possède bien quelques qualités singulières. Après le succès mitigé de La Somme de Toutes les Peurs, douze ans au paravant, Jack Ryan renaît au mieux de ses cendres. Gardons le meilleur en lumière et espérons de même pour la suite de ce reboot.

Note: 3,5/5

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire