Après Happythankyoumoreplease, une comédie dramatique chorale dans New-York, sortie en 2011, Radnor revient avec Liberal Arts, une romance au parfum presque autiobiopic très touchante, malgré quelques faiblesses dans le récit.
Pleins de points forts marquent la deuxième réalisation de Josh: Un style qui se développe, mêlant nostalgie et auto-dérision et des idées séduisantes quant au cadre et l'évolution de l'histoire. À nouveau à la fois devant et derrière la caméra, Josh Radnor incarne un trentenaire qui est de passage dans son ancienne université pour la fête de pré-retraite d'un de ses enseignants. Pour lui, c'est l'occasion de flâner hors du temps, de revenir dans la période de sa vie qu'il a préféré où il voyageait grâce à l'enseignement des arts et de la littérature. Il rencontre alors une jeune étudiante, qui partage les mêmes passions et le même spleen que lui. Il entame alors une relation qui va un peu dépasser celle de l'amitié. Ils sont fait l'un pour l'autre, à quelques exception près: Il est mélancolique, elle est pétillante et pleine d'espoir pour l'avenir...
Était-ce difficile de savoir correctement filmer une université de L'Ohio en cherchant à y influer un côté magique? Surement, mais Radnor y parvient très bien, par des plans larges d'extérieurs des champs verts de l'université et par des personnages attachants avec leur caractéristiques plutôt tendres. Son seul défaut est de laisser son récit s'affaiblir, perdre en souffle à presque en devenir monotone. Fort heureusement, ce n'est pas cette atmosphère qui prime sur le film mais on peut avoir tendance à décrocher. En tout cas, on se replonge rapidement dans le plaisir de ce retour au rêve éveillé qu'était la fac pour le personnage principal. Plaisir que le réalisateur-auteur a très bien su rendre communicatif, et pour cause, il est évident qu'on est pas loin du vécu, d'un personnage qui semblerait être l'alter-ego de
l'acteur. On est d'ailleurs pas loin du personnage de Radnor dans How I Met Your Mother (originaire de l'Ohio, éternel célibataire, romantique, passionné par les arts en se déconnecter de la réalité) mais en plus blasé, ici.
À travers l'idylle dont fait objet le film, se dévoile deux personnalités sensibles, en particulier celle du personnage principal, qui se condamne, se blesse moralement à fuir constamment, à travers la littérature, la réalité et l'adulte qu'il est devenu, se prive du bonheur par des idées reçues, s'entrave à ce qui pourrait déboucher sur un laiton amoureuse avec celle qui vient de rencontrer. C'est pour cela que Liberal Arts vaut le détour, pour ce (auto)portrait de pseudo-looser, un peu malchanceux, dans un voyage nostalgique.
Radnor a aussi eu le luxe de faire jouer les grandes stars de demain. Déjà avec Happythankyoumoreplease, il donnait la réplique à Malin Akerman, Kate Mara et Zoe Kazan. Quant à Liberal Arts, il bénéficie de la présence au casting de Zac Efron, qui fait des apparitions (rêvées?) dans le rôle à la limite du cliché d'un étudiant "hippie", mais qui se révèle être une source de sagesse et de réflexion pour le perso principal. À sa manière, Efron contribue à la dimension magique du film. Mais c'est à Elizabeth Olsen que le film beaucoup. Elle rayonne dans le rôle de l'étudiante bourreau des coeurs, capable d'apporter une vrai présence solaire au long-métrage en un sourire. Un véritable arôme de cinéma indé US souffle sur la deuxième réalisation de Josh Radnor.
Note: 3,5/5




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